Fortifications : dispositions insolites ou méconnues… (2)

La position d’infanterie de Heiteren — I. Stp. Heiteren ou Werk an der Heiteren Straße — comprend, comme de nombreuses autres forteresses allemandes contemporaines, une cloche d’observation cuirassée de facture classique (détails à propos de la position d’infanterie de Heiteren, communément fort de Heiteren).

Le modèle installé est du type qualifié de « léger » : Wachtturm (leicht) [ W.T. (l.) ]. Son blindage en acier au nickel est épais de 10 cm mais elle ne pèse que 4800 kg, toute équipée, soit la moitié moins que le modèle standard.

Wachtturm (leicht)
Position d'infanterie de Heiteren — clichés & conception Balliet J.M.

Ce type de cloche a été installé à partir de 1897, souvent à proximité d’un abri de piquet (Bereitschaftraum), Il était presque exclusivement destiné à l’observation du glacis.

Son champ d’observation, très limité, impose de disposer d’autres cloches du même type ou, plus habituellement, de postes d’observation de type tôle-gravier (Beobachtungsstand aus Eisenblech mit Kiesfüllung).

Si ce modèle est bien connu des amateurs de fortifications, plus particulièrement ceux au contact des fortifications allemandes de la fin du 19e, il est intéressant de mettre en exergue un détail souvent méconnu.

L’accès à la cloche se fait par l'intermédiaire d’une échelle au travers d’une trappe à deux battants qui s’ouvre vers le haut. Lorsqu’ils sont rabattus, les battants sont retenus par de courtes chaînes. Cette trappe est disposée dans un cadre qui est maintenu en place, par le dessous, à l’aide de quatre verrous.


Ce dispositif permet, lorsque l’observateur — blessé, voire tué — s’est affaissé sur la trappe dont l’ouverture est devenue impossible, d’évacuer en douceur ce dernier. Il suffit, dans un premier temps, de libérer les quatre verrous pour libérer le cadre, puis les chaînes qui retiennent les battants !




Si ce dispositif figure dans nombre de cloches ou de coupoles allemandes contemporaines, il reste toutefois largement méconnu et, à ce titre, mérite de figurer dans cette série de billets.

Bien cordialement. 

J.M. Balliet

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