Défense des côtes bretonnes : Fortifications du Conquet et de l'anse des Blancs Sablons



Si Brest, son goulet et la presqu'île de Crozon sont bien connus des amateurs de fortifications, les fortifications du Conquet et de la plage des Blancs-Sablons, certes plus modestes, méritent sans nul doute d'être mises à l'honneur !


Carte des côtes de Bretagne (s.d. vers 1750) [source BnF]
 
Anse des Blancs Sablons et Le Conquet (détails). Les 3 redoutes, le fort de l'Islet et les batteries de côtes ont parfaitement illustrées — Carte des côtes de Bretagne (s.d. vers 1750) [source BnF]

L'anse des Blancs Sablons.

La défense de l’anse des Blancs Sablons — anse de Porsmoguer au nord (Plouarz) à la pointe de Kermorvan au sud (Le Conquet) — s'appuyait sur un ensemble d'ouvrages  construits dès le 17e siècle.


La plage des Blancs Sablons — un lieu magique — et, à l'arrière-plan, la presqu'île de Kermorvan.

Les trois premières redoutes datant de la fin du 17e s. seront modernisées au 19e s. Ces défenses se présentent alors sous la forme de six ouvrages construits de 1846 à 1852 complétés par deux redoutes pour l’infanterie. Elles combinaient l’action de batteries de côte, de retranchements, de redoutes et de troupes mobiles. 


La plage des Blancs Sablons. Au premier plan la "redoute Vauban" (i. e. Fort saint-Louis) — À l'arrière-plan, de G. à Dte : Port du Conquet, Presqu'île de Kermorvan et le Fort de l'Îlette isolé par un bras de mer à marée haute 

Redoute Vauban (1850) — État sept. 2017

Redoute Vauban (1850). L'aspect pour le moins curieux d'une partie du rempart est lié à l'absence du remblai qui servait de plateforme.

Redoute Vauban (1850). On devine l'emplacement l'ancienne batterie de côte (cf. carte des côtes de Bretagne, vers 1750) 

Ballade aérienne (durée 01:54)…

La presqu'île de Kermorvan

Entre le port du Conquet et la plage des Blancs-Sablons, la presqu'île de Kermorvan est aménagé comme un vaste môle défensif couvrant à la fois la plage des Blancs-Sablons et l'entrée du port du Conquet. La presqu'île sans doute a été fortifiée du Moyen Âge jusqu'au second conflit mondial ! 





Corps de garde crénelé n° 2, année "1847" dit "Fort de l'îlette de Kermorvan" (Le Conquet)



L'élément le plus marquant est représenté par le fort de l'Îlette de Kermorvan . Flanqué par deux batteries de côte, sa position lui permettait de couvrir l'entrée du port du Conquet et le mouillage de la plage des Blancs-Sablons. Il est possible d'y accéder à l'Ilette à pied à marée basse. Toutefois le passage est difficile, qui plus est en cas de fortes bourrasques de vent (ce fut mon cas), car le tombolo qui sépare cet îlot du continent est formé de grosses roches glissantes et le temps imparti contraint par les horaires des marées.



Le corps de garde crénelé de l'îlette de Kermorvan a été construit en 1847. Il s'agit vraisemblablement d'un modèle n° 2 pour 40 hommes à deux bretèches par côté dont l'armement "régulier" consistait en 8 canons disposés en batterie à barbette. La batterie a été déclassée en 1876. Fonction : défense de la plage des Blancs-Sablons.

Le corps de garde assure non seulement les fonctions de caserne, de magasin à vivres et de magasin de batterie mais également le flanquement du rempart et de l'accès à fort. Il s'agit d'une disposition probablement moins usuelle (Exemple : cf. Batterie de Locqueltas).





Par ailleurs l'architecture du corps de garde crénelé reprend tous les standards habituels…











Ancienne batterie équipée de pièces tirant à barbette…




Corps de garde et batterie du phare de Kermorvan

Quant au phare de Kermorvan, situé à l'extrême pointe de la presqu'île, c'est le phare terrestre le plus occidental de France. Mis en service en 1849, il est contemporain du corps de garde crénelé — Corps de garde crénelé n° 3 de la pointe de Kermorvan — dont on distingue parfaitement le profil au milieu des nombreuses casemates allemandes formant le Stützpunkt [Stp.] Kermorvan…  



La presqu'île de Kermorvan vue des quai du port du Conquet. 

Dr BALLIET JM — 18 janvier 2018





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